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Palais de la Découverte

Journalisme
& Photographie
"Mon métier est de voir
et faire voir. Je ne ressens pas la nécessité d'en changer"
Jean Lattès
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Mis à jour le
15/06/10
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Vivre avec une rétinite
pigmentaire
Revue du Palais de la découverte
Numéro 222, novembre 1994
Citation de l'article de
Marie-Hélène Faverger,
Département Bilogie-Médecine, Palais de la
Découverte.
Ce samedi là, il y a une
foule de "types comme moi" à La Villette. Des bigleux ? Il en
pleut ! Et des cannes blanches... En vois tu en voilà ! Choc. Assis sur un banc, je "récupère&;". A l'autre bout,
Marie Hélas&; Faverger ouvre de grands yeux. Elle me parle. Je
lui réponds comme on se jette à l'eau. Quelque
temps après, elle me soumet ce texte.
"Michel savait sa famille atteinte "d'une maladie
héréditaire", il avait toujours vu des cannes blanches
dans les photos de famille, mais il nie "la" maladie.
Il "I'oublie" et fonce dans la vie, comme si rien n'était,
entreprend une carrière&; dans le journalisme.
D'abord rédacteur, il devient ensuite photographe de
presse, puis éditeur de reportages photos.
"Le cadrage m'obsédait", confie-t-il.
Traversant 25 salles de rédaction, il "a appris,
inconsciemment, à faire semblant de voir comme tout le monde",
développant mille astuces.
"Et je suis toujours arrivé à leur donner le change
en m'abusant moi-même", me dit-il avec des yeux
étonnés et songeurs.
Cependant, ajoute-t-il en riant, "on me prend parfois pour un
farfelu ou un joyeux drille car je renverse des chaises, loupe des
marches et porte, avant cinquante ans, une canne qui n'est pas
blanche".
En 1988, sa m&; (elle-même atteinte) et son p&;
l'inscrivent d'office à l'Association Française
Rétinite Pigmentaire (AFRP).
Il jette à la corbeille sans les ouvrir les courriers de
l'association.
"Je ne voulais pas savoir".
Un rendez-vous est pris à l'hôpital avec un
éminent spécialiste.
Toute la famille est là.
C'est le choc.
"Mais je ne pris pas encore conscience de la
réalité complexe de la RP.
Ni surtout de ses incidences dans la vie de tous les jours.
Trois ans &; la consultation familiale à l'hôpital,
sa vie est bouleversée par la rencontre de celle qui deviendra
sa compagne.
Ils viennent de se marier, fin octobre.
Conceptrice d'applications télématiques et
photographe, elle l'aide à analyser les conséquences
pratiques de "la déficience de ses capteurs d'images":
"Elle a réussi à m'ouvrir les yeux, à me
faire comprendre comment je vois avec le champ visuel que j'ai".
La vie quotidienne, qui s'était compliquée avec
l'évolution de la maladie, se simplifie grâce à
des stratégies adaptées à la situation.
"Je mesure mieux les difficultés que je rencontre et les
résout plus facilement".
Mais certains jours, convient-il aussi, "Ies calculs qu'il faut
effectuer sans relâche" pour imaginer ce qu'il y a autour et
qu'on ne voit pas (Michel est atteint de RP
périphérique) produisent un "sentiment d'accumulation"
difficile à vivre.
"Agir au quotidien demande énormément
d'organisation. Surtout dans une société dominée
par l'image."
"Ce n'est pas toujours simple ! Mais c'est merveilleux la vie..."
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