www.puech.info
/
|
|
Jean-François Bizot, journaliste. Mis à jour le 06/07/10 |
10 Sep 17:09 publié sur www.Neteyes.org
Jean-François Bizot, underground for ever.
Cette exceptionnelle photographie de l'écrivain Joseph Kessel en compagnie de Jean-François Bizot a été réalisée, l''été 1970, au festival de Biot, par ©Horace.
A 63 ans, celui que la grande presse a souvent baptisé
"le pape de l'underground" est mort des suites d'un cancer qu'il avait
raconté, avec pudeur et sincérité, en 2003, dans "Un moment de faiblesse",
Editions Grasset. Cheville ouvrière d'Actuel, de Nova presse et de mille
autres aventures, Jean-François Bizot était un des rares patrons de
presse, issu des années 60-70.
Il entre dans la vie active au
milieu des années 60, avec 800 millions de vieux centimes de francs en
poche offerts par un père qui a les moyens. Il aurait pu les boire, les
fumer, les dépenser en "défonces" diverses et variées, et c'est ce qu'il
fit aussi. Mais il eut une autre idée de génie : racheter un fanzine du
nom d'Actuel et en faire "le" magazine de la contre-culture, diffusé,
quand même, s'il vous plait, à 50 000 exemplaires. Et pour ça il fallait
beaucoup de folie et un brin de génie. Bizot avait
les
deux.
Aujourd'hui, Jean-François Bizot fait son apparition
dans les rubriques "nécro" des journaux, et son nom ne dit, peut-être,
déjà plus grand chose à la jeunesse d'aujourd'hui, mais, pour celle qui eu
20 ans en mai 68, Jean-François Bizot restera, avec toutes ses
contradictions, un libérateur.
A l'heure où la manifestation
gaulliste du 30 mai 68 vient, quarante ans après, de triompher dans les
urnes, à l'heure où beaucoup de révoltés, devenus retraités, ne jurent
plus que par Sarkozy, il est difficile de comprendre comment Jean-François
Bizot a réussi à donner de l'espoir, jusqu'au fin fond de ce qu'on
appelait "la Province", à une bonne partie des lycéens et étudiants de
l'époque.
Des milliers de jeunes qui rêvaient de liberté,
attendaient chaque mois, avec impatience, la bouffée d'air frais concoctée
à Paris par une "bande de zozos" dont presque tous se révélèrent
extrêmement talentueux. Actuel était illisible avec son improbable
maquette, mais Actuel ressemblait à cette massive jeunesse du babyboom qui
allait, pendant une dizaine d'années entre 65 et 75, tenter de changer le
monde et, peut-être - l'histoire tranchera - d'y réussir. Dans toutes ces
années, malgré ou grâce à ses erreurs et ses errances, Jean-François Bizot
était resté, le récit de son cancer en témoigne, fidèle à lui-même. Ce
n'est pas banal aujourd'hui.
Chapeau bas et peace and love for
ever.
MP
"Mon métier est de voir et faire voir. Je ne ressens pas la nécessité d'en changer" Jean Lattès, photojournaliste (1917-1996)

Comment François Lochon est devenu le patron
du 3ème fonds mondial de photojournalisme
sous le nom de Gamma-Rapho
|
© 1986-2010 Michel Puech /
WWW.PUECH.INFO/
-
http://michel.puech.info |